• Lucie VERHAEGHE

Les effets psychoneuro-immunologiques de la musique


Augmentation des défenses immunitaires, majorée lors de sessions de musicothérapie active par percussions
Augmentation des défenses immunitaires, majorée lors de sessions de musicothérapie active par percussions

Voici un résumé de l'article de Daisy Fancourt, Adam Ockelford & Abi Belai (2014) : « The psychoneuroimmunological effects of music: A systematic review and a new model » paru dans la revue scientifique : Brain, Behavior, and Immunity, n°36, 15-26. Le but de cette recherche était de comparer les différentes études traitant des effets psychoneuro-immunologiques de la musique.


Il existe des preuves de l'utilisation de la musique comme méthode de soulagement du stress à partir de 4000 avant J.C. et on estime qu'elle remonte même jusqu'au paléolithique, c'est pourquoi de nombreuses personnes se tournent vers la musique pour réduire leur stress sans ressentir le besoin d'un raisonnement scientifique.

Mais il y a eu un intérêt croissant des chercheurs au cours de la dernière décennie pour étudier les bienfaits de la musique dans les sphères de l'éducation et de la santé, en particulier ses effets psychologiques et neurologiques sur le stress.


Cette recherche a donc davantage ciblé les effets de la musique sur les neurotransmetteurs, les hormones, les cytokines, les lymphocytes, les signes vitaux et les immunoglobulines ainsi que sur les effets psychologiques, car par le passé d'autres études ont démontré le rôle de la musique comme une réponse immunitaire contre le stress et un facteur de bien-être.


Méthode de cette recherche :

63 études (de 1989 à 2013 provenant d'Amérique du nord, d'Europe, d'Asie et d'Australie) ont été incluses pour fonder cette synthèse sur les effets psychologiques, neurologiques et immunologiques de la musique.


Résultats sur les effets psychologiques :

88% des études dans ce domaine ont montré une diminution significative de l'anxiété évaluée psychologiquement lors de l'écoute de musiques relaxantes pouvant parfois persister jusqu'à 3 semaines après les sessions.


Résultats sur les effets physiologiques : 80% des études ont démontré que la musique relaxante diminue la tension artérielle, la fréquence cardiaque et respiratoire. L'écoute de musique relaxante enregistrée serait aussi efficace que le Diazépam (anxiolytique) pour réduire les signes de l'anxiété. Résultats sur les effets endocrinologiques :

62% des études ont montré que la musique réduit les niveaux de cortisol (hormone du stress).

De manière générale, les résultats démontrent surtout une sensibilité apparente des hormones à la stimulation musicale.


Résultats sur les effets immunologiques :

  • 67% des études ont noté une augmentation des leucocytes (jouant un rôle essentiel dans le système immunitaire), d'autant plus avec de la musique créée avec des percussions ou lors de sessions de musicothérapie active par percussions ; ces résultats ont été majorés chez les personnes âgées.

  • 80% des études ont montré une augmentation des cytokines (jouant sur l'immunité), cette augmentation est encore plus significative pour les adultes plus âgés. De même, il a été noté que la musique de Mozart semble apporter plus d'effets relaxants que celles de Beethoven ou Schubert, bien que les résultats immunologiques n'étaient pas significatifs.

  • 67% des études ont démontré une augmentation des anticorps lors d'interventions musicales (avec une large variété de styles et de genres), mais elle est encore plus forte lorsque la musique proposée est appréciée par les participants.


Synthèse des résultats de cette recherche : En règle générale, la musique a modifié par divers biomarqueurs (leucocytes, cytokines, immunoglobulines, hormones et neurotransmetteurs) la réponse immunitaire des participants.

Qu'elle soit écoutée ou pratiquée, relaxante ou stimulante, la musique a une influence positive. En effet, des tendances fortes ont pu être notées par rapport au cortisol (lié au stress) qui diminue en réponse à de la musique relaxante par exemple, tout comme l'épinéphrine et la noradrénaline (jouant sur la fréquence cardiaque et la pression artérielle).


D'ailleurs, cette réponse immunitaire est d'autant plus forte lorsque ce sont les participants eux-mêmes qui choisissent la musique.

De même lorsqu'il s'agit de participation active à la musique par rapport à sa simple écoute.

En effet, il a été constaté que lors de la participation active, la musique produite prend une signification plus personnelle, déclenchant ainsi une plus grande réponse émotionnelle et par conséquent de plus grands changements endocriniens.


Globalement, la tendance des résultats (89% des études) est positive concernant l'effet de la musique sur les phénomènes psychoneuro-immunologiques en lien avec la réduction du stress.


Tous ces résultats, pourraient donc avoir des implications importantes sur la manière dont les établissements de santé pourraient décider de mettre en œuvre des programmes de musique.

Si les résultats continuent à pointer vers la participation active comme étant la plus efficace, elle peut même aider à fournir une incitation à l'investissement financier dans des interventions musicales dans les établissements de soins et de santé.


Conclusion :

L'effet de la musique sur un certain nombre de biomarqueurs est maintenant bien établi et de nombreuses études sur d'autres biomarqueurs montrent des tendances prometteuses.

Cette étude a mis en évidence que la musique a un rôle important puisqu'elle produit une réponse immunitaire face au stress.


Les recherches futures permettront de mieux comprendre quel type de stress est le plus sensible à la musique et la façon dont les variables musicales peuvent être mieux adaptées pour réduire les niveaux de stress.


La musique s'avère donc avoir un effet significatif sur la capacité du système immunitaire à lutter contre la maladie.

Cela pourrait avoir un impact colossal sur son incorporation dans les établissements de soins et de santé, y compris dans les salles d'attente, lors de procédures chirurgicales, mais aussi lors des traitements tels que la chimiothérapie et la psychothérapie...

Mots-clés : Immunité, Musicothérapie, Percussions, Relaxation, Santé, Soulagement, Stress Retrouvez l'article complet sur : https://www.researchgate.net/publication/258042912_The_Psychoneuroimmunological_Effects_of_Music_A_Systematic_Review_and_A_New_Model